Article écrit pour le Blog “Mediteranean Rif Now”, du collectif d’Al Hoceima contre le projet immobilier “Souani”
Pour l’Espace de Solidarité et de Coopération de l’Orientale
L’écolo Plateforme du Maroc du Nord
Pour l’association Cap Démocratie Maroc

Il se comporte de parties presque indépendantes, pouvant être lus séparément par les personnes qui se sentent concernées par certaines plus que d’autres

Rappelons brièvement les titre des trois premières parties du premier article disponible ici pour ceux qui ne l’aurait pas lu.

I) Qu’est ce que le Plan Azur? où on a présenté brièvement le Plan

II) Le mouvement des écologistes marocains où l’on a essayé de chasser les idées reçues sur ces associations

et III) Rendement économique où l’on a expliqué pourquoi les alternatives proposées sont non seulement « éco-friendly » mais répondent mieux aux besoins économiques des régions concernées (projet de nature hotelière à l’opposé des projets de nature immobilière)

IV) Qui décide des choix statégiques de ce genre ? Quelle part est donnée à la volonté des premiers concernés ?

Quand on sait comment les habitants d’Al Hoceima se sont rangés derrière le comité de suivi du projet Souani, et comment ils ont exprimé leur adhésion aux idées du comité, en répondant “présent” à chaque appel à manifestation, et en signant massivement l’appel on doit se poser la question suivante :

Qui décide des choix stratégiques de ce genre ? Quelle part est donnée à la volonté des premiers concernés ?
Sur ce point, la constitution marocaine nous dit (Article 2) :« La souveraineté appartient à la Nation qui l’exerce directement par voie de référendum et indirectement par l’intermédiaire des institutions constitutionnelles « , le Plan Azur serait donc l’expression de la volonté de la Nation, indirectement par l’intermédiaire des institutions constitutionnelles ? Je préfère ne pas rentrer dans ces détails dès le premier paragraphe de cette partie, mais vous invite à réfléchir à la question : comment impliquer la société civile et lui donner une plus grosse part dans ce genre de décision ?

Dans l’hypothèse d’une démocratie bien huilée, le gouvernement décide de ce genre de projet, en sachant que la fin de son mandat arrivée, il sera jugé (indirectement via les élections législatives) sur la base de ses réalisations, du coup, avant d’agir, le gouvernement s’assure que le projet en question correspond bien aux attentes des citoyens impactés : offre d’emploi, impact sur le milieu naturel et les conditions de vie, impact sur les ressources locales etc.

Sauf que dans notre cas , le Plan Azur, comme la majorité des choix stratégiques du pays, sont le fruit de réflexion Centralisée (à Rabat) faite par des Technocrates à qui le diplôme assure une certaine notoriété, ces derniers, on les trouve dans les « Think tank » du type G8, dans le cabinet royale, dans les cabinet ministériels etc.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas les écouter, mais il ne faut leur donner le pouvoir, car ces derniers, malgré toute la bonne foi qu’ils peuvent avoir et tout le sens de l’intérêt national qui peut les motiver, ne représentent pas la volonté populaire, et sont souvent (pas toujours, mais dans le cas du plan azur, tout nous laisse dire ceci) déconnectés des réalités sociales du terrain.

Comment remédier à cette situation ?

Deux approches :

– Le maroc tient à garder ce mode de gouvernance (gouvernement sans réelles prérogatives avec un  gouvernement technocrate « de l’ombre » )  : Il faut alors s’assurer que la société civile (associations locales représentatives de la volonté populaire locale) soit partie prenante des comités de réflexion de ce genre de projet

le seul avantage de cette approche est à notre avis que le Maroc n’aura pas à attendre de devenir une démocratie avancée pour  entamer ses « grands chantier » et réussir ses défis économiques, mais les acteurs associatifs risquent de ne pas  vraiment porter la voix de la volonté populaire puisque non comptables (les bureau d’association ne sont pas élu par toute la population  locale, mais juste par tous les membre de la même association), pire, les comités de réflexion risquent de « choisir » les associations à faire participer dans les décisions en se contentant de celles qui présenteraient l’attitude la plus mole possible, et faire de cette « implication de la société civile » une question de marketing pur.

Ou encore plus grave: les projets se réalisant plus rapidement que dans le cadre de la seconde approche(ci dessous), quand on se rend compte de l’erreur comise, il est déjà trop tard, des milliers d’hectares sont déjà construits (et donc perdu pour une meilleur réalisation, plus efficiente économiquement et avec moins d’impact sur l’homme et son milieu) (revoir le 1/2 comme illustration de ceci)

– Le maroc adopte la démocratie réelle comme mode de gouvernance (gouvernement issu de la majorité décidant de tout avec des techniciens réduits à un rôle de conseillers du gouvernement qui lui, est comptable)

On ne l’aura jamais assez dit : la démocratie et le développement vont de pair, et le débat, c’est l’acte I du progrès.

En mettant les décideurs sous le marteau du jugement populaire, ceux ci pourront beaucoup moins facilement se permettre des dérapages comme ceux commis à Saïdia. Un ministre nommé a moins peur de la sanction électorale qu’un ministre élu, le deuxième est alors évidement de danger potentiel amoindri.

Et comme dit ailleurs :

دعوا المغاربة يحوّلون متفاوتاتهم إلى معادلات يعملون على حلها بأنفسهم واتركوا الأيام تقيّم النتيجة ! (Arabe)

Let Moroccan people solve their own equations ! (Anglais)

V) Quelques deux cents kilomètres plus à l’ouest, dans la province de Tétouan:

Pas très loin du fameux village de Ouad Laou, le projet Golf Paradise Resort ne fut pas moins grotesque que les pilleurs de sable de Saîdia, voulant réaliser leurs résidences et leur Golf sur un flan montagneux abrupte, les ingénieurs de ce projet ont fait fi de toute considération relevant plus du bon sens que de la maîtrises du génie civil : Ils ont rasé la forêt de « Drou » qui maintenait la montagne, à la première pluie, cette dernière se démantelait comme la peau d’un lépreux : ni eux ne peuvent continuer leur projet, ni la montagne ne pouvait retrouver son équilibre, sans compter les frais colossaux des dommage portés à la route régionale reliant Tétouan à Jebha, et le dérangement et la gêne pour la population locale :

(cliquer sur la photo pour l’agrandir et voir l’ampleur des éboulements)

Comme quoi, quand les associations crient que les études d’impact ne sont pas faite, il ne faut pas les prendre pour des trouble-développement, mais bien pour des gens qui savent de quoi ils parlent…

On ne l’aura jamais assez répété, les associations ne sont pas contre les projets touristiques, elles sont contre les projets immobiliers, écoutez les ! elles ont des idées alternatives intéressantes, des principes simples : moins d’immobilier à la vente, plus d’hôtelier.

Moins de destruction, plus d’harmonie, la photo ci dessus n’aurait pas eu lieu si au lieu de raser les arbres, on avait opté pour un projet hôtelier : ce dernier est moins gourmand en hectares que les Villas qui caractérisent désormais le Plan Azur, et n’aurait pas nécessité la destruction de la forêt qui maintenait la montagne en équilibre.

De plus, et pour revenir à un argument simpliste mais si cher aux auteurs de ce blog, pendant que les villas n’emploieraient qu’une femme de ménage un ou deux mois dans l’année, un complexe hôtelier dynamiserait mieux le marché de l’emploi dans la région.

Certes il y a une composante hôtelière au Plan Azur, mais celle ci est tellement minime* qu’on peut parler de nature quasi immobilière et spéculative, que ce soit à Saidia, Sfiha, Cala Iris, Port Lixus, Aouchtam, Tamrabet, ou encore la promise à destruction, la si chère Plage Blanche : nos plages sont troquées, on nous promet des milliers d’emploi à l’issue, mais quels emplois ? femmes de ménage et gardiens de parking dans les lotissements de villas…

(à suivre)

*rappelons comme dit dans la partie 1,qu’à Mediteranea Saidia, on compte 3000 unités immobilières pour uniquement 6 unités hôtelières.