Sans quoi on ne peut qualifier le projet d’autre chose que « projet de nature immobilière spéculative »…

Voici tel que transmis par le coordinateur Dr Fouad El Ghelbazouri, le document état des lieu du projet souani qui a été remis par le comité de suivi du projet souani lors de la rencontre du mercredi 7 avril a Mr mohamed al hafi  wali de la region taza al hoceima taounat , a Mr mohamed boudra president de la région de taza al hoceima taounat :

Al Hoceima , mercredi 7 Avril 2010

NATURE DU PROJET :
Tous les documents fournis par la CGI ne comportent aucune information sur le projet touristique : rien sur le
type de tourisme que la CGI compte développer sur le site de Sfiha, aucun partenaire professionnel du
tourisme (tour-opérateur, enseigne touristique, …), pas d’estimation des fréquentations, nuitées, type et
nombre d’emplois qui seront crées, rien sur la stratégie marketing et commerciale du produit touristique
Souani, rien sur la logistique, rien sur le montage financier, pas de business plan touristique, rien sur la
manière dont seront investis les 1.5 milliards de DH prévus pour ce projet touristique. Bref la CGI n’a
pas de dossier touristique !

SITE ARCHEOLOGIQUE ALMAZAMA :
Dans sa 3ème version du projet, la CGI a réservé temporairement une superficie de 9 hectares pour le site
archéologique de la ville historique d’Almazma. Le CSPS apprécie cette avancée sur le volet archéologique,
il demande néanmoins à ce que la superficie finale d’Almazama soit déterminée par les archéologues
chargés par le Ministère de la Culture de procéder aux fouilles sur l’ensemble du site et de ses alentours.
La zone archéologique doit rester propriété de l’Etat conformément à la législation en vigueur et aux
recommandations internationales concernant la préservation des monuments historiques.

DROIT FONCIER :
Le projet Souani ne pourra pas réussir sans l’obtention du consentement des habitants d’Ajdir qui
continuent à réclamer leur terre. Le CSPS demande à l’Etat de prendre en considération cette revendication
légitime. Les habitants d’Ajdir n’accepteront jamais autre chose qu’un projet touristique sur la terre de leurs
ancêtres. Conscient de ce problème, le CSPS avait avancé l’idée de trouver un autre terrain mieux adapté ala construction de résidences immobilières. Solution qui pourrait arranger toutes les parties.

RESPECT DE L’ENVIRONNEMENT ET DU LITTORAL :
La CGI affirme qu’elle respectera la règle de recul de 100 mètres sur le domaine public maritime.
Conformément au protocole GIZC ratifié par le Maroc le 21 janvier 2008, la largeur de la bande non
constructible doit être déterminée par des experts après étude de la morphologie du littoral et de la situation
des dunes, celle-ci ne peut être inférieure à 100 mètres. Selon GIZC, cette bande doit rester vierge de
toute forme de construction et d’activité humaine (y compris terrains sport, piscines, …etc.).
La bande côtière doit demeurer propriété de l’Etat.
La société civile dénonce la reprise de la découpe de la forêt (depuis le 26 mars 2010) en contradiction
totale avec les directives royales relatives à la charte nationale de l’environnement. Le CSPS demande aux
autorités locales d’intervenir en urgence pour arrêter cette découpe sauvage.

ACCORD D’ASSOCIATION UNION EUROPEENE/MAROC ET CONVENTION DE
BARCELONE:
Le Conseil d’association Union Européenne/Maroc du 13 octobre 2008 avait marqué une nouvelle étape dans le renforcement des relations UE-Maroc, grâce à l’adoption du document conjoint visant l’établissement du Statut Avancé du Maroc dans les relations avec l’UE. Suite à la 8ème Session du Conseil d’Association UE-Maroc, l’Union Européenne vient confirmer le 07/12/2009 ce statut privilégié dans une déclaration en 43 points dont voici un extrait du 39ème point : «L’UE souligne l’importance de Mise en œuvre des politiques et des actions qui peuvent assurer le développement durable du Maroc du point de vue environnemental, social et économique. L’UE encourage le Maroc à poursuivre le processus de ratification des protocoles de la Convention de Barcelone et la mise en œuvre des obligations légales inscrites dans la Convention et ses Protocoles.»
A cet égard, il convient de souligner que le Maroc préside depuis novembre 2009 (congrès de Marrakech) et pour deux ans le Conseil des Etats contractants de la Convention de Barcelone. Cet engagement volontaire et insoupçonné, doit encourager l’Etat Marocain au respect total des dispositions de la convention de Barcelone.

CONCLUSION :
Le CSPS constate avec regret que la CGI n’a toujours pas de dossier touristique. Il est temps que l’Etat
assume ses responsabilités de maître d’ouvrage (Souani est un projet d’utilité publique) en imposant un
CAHIER DES CHARGES TOURISTIQUE. Il est urgent que la CGI s’associe avec des professionnels du
tourisme afin de monter un vrai projet touristique. Dans le cas contraire, l’Etat devrait lancer un appel d’offres
international afin de placer Souani dans un cadre légal et transparent sous la tutelle du Ministère du
tourisme.
N’oublions pas que le transfert de la propriété du terrain vers la CGI a été justifié par l’UTILITE
PUBLIQUE (décret N°2.08.424 signé par le 1er Ministre ABBAS EL FASSI le 18/12/08). L’utilité publique
réside dans la création de milliers d’emplois promis par le projet touristique Souani. Le projet privé immobilier
présenté par la CGI ne peut en aucun cas être qualifié d’utilité publique.
Le CSPS exige donc que le site de Sfiha soit entièrement réservé (80 ha) à un projet touristique intégré et
durable comme l’a décidé l’Etat en le choisissant comme PROJET PILOTE dans le cadre du
programme DESTINATIONS relatif au tourisme durable dans le pourtour méditerranéen. Les projets
immobiliers n’entrent pas dans ce cadre.
Le Comité de Suivi du Projet Souani continue à suivre de très près cette affaire, il reste ouvert au dialogue
avec tous les acteurs concernés par ce projet et demeure fidèle à son objectif initial, à savoir :
OUI au projet touristique Souani durable, créateur d’emplois et profitable aux générations futures.
NON au projet immobilier sur le site de Sfiha, non créateur d’emplois et destructeur de la forêt.
Al Hoceima, le mercredi 7 avril 2010
Le Comité de Suivi du Projet Souani